¡A Tomar Viento!

Viaje a vela por el Mediterráneo

De la Sicile à Calabria – Italie

Il est temps pour moi de vous raconter notre passage de la Sicile à l’Italie.

Vue depuis Messine (Sicile) sur les montagnes italiennes

Nous sommes repassés par la Sicile en nous arrêtant à Milazzo. Le port Nettuno qui nous a accueilli est le plus cher que nous ayons eu jusqu’ici : 52 € la nuit ! Autant dire que nous n’y sommes pas restés plus longtemps que nécessaire. Sachant qu’en moyenne on paie 20 € par nuit et que le moins cher était 5€ à Palau.

Peut-être parce que nous étions dépites du tarif, ou trop fatigués de notre traversée, mais nous n’avons pas fait le tour de la ville. Il pleuvait et il faisait froid. Hey oui, ici aussi ça arrive !


Juste avant de quitter la Sicile, nous avons traversé le détroit de Messine. C’est l’espace de mer qui sépare la Mer Tyrrhénienne (côté Sardaigne et corse) de la Mer Ionienne (côté Italie et Grèce). Ou plus simplement, l’espace étroit entre la Sicile et le sud de l’Italie.

Juste avant l’entrée Nord, la mer y est d’un bleu turquoise époustouflant. Et cette étendue de couleur esmeralda commence aussi soudainement qu’elle s’arrête.

Sur la droite la Sicile, sur la gauche, plus éloingée, la côte italienne.

Nous avons été surpris de tomber sur deux pilonnes électriques gigantesques, rouges et blancs. Nous étions très intrigués car aucun câble ne les relie. Internet nous explique leur histoire.

Merci Internet : dreamplanet.tk

Entre la Sicile et l'Italie existent deux pylônes remarquables ayant servis a alimenter l’ile en électricité. D'une hauteur de 232m, et distants de 3600 m, ils ont été les plus hauts pylônes du monde a leur époque.

Construits en 1955, ils permettaient le transport de 220kv (150kv jusqu'en 1971) mais, au débuts des années 80, la demande croissante en électricité nécessita le passage d'un câble sous-marin d'une capacité de 380kv.

Le transport aérien fut utilisé jusqu'en 1993 puis l'année suivante, les câbles furent retirés. Aujourd'hui, ces pylônes ont été classés monuments historiques et sont utilisés pour les télécommunications et la météorologie.

Depuis 2006, le pylône situé en Sicile est visitable, il vous faudra escalader 1250 marches pour atteindre le sommet

www.tout-sur-google-earth.com / Source Wikipedia

Vient ensuite une vue parfaitement claire sur les côtes italiennes et siciliennes. On a l’impression de passer par une immense rivière qui s’agrandie de plus en plus, jusqu’à redevenir Mer.

Les courants s’y mélangent, formants des tourbillons qu’il vaut mieux éviter. Les vents y étaient forts et nous avons fait de notre mieux pour garder notre place. En effet, afin d’éviter de percuter les nombreux ferries qui y transitent, il faut respecter le sens de circulation et les priorités.

Nous avons fait une halte à Messine. Là aussi, nous avons dû nous offrir les services du port Nettuno (même groupe que le précédent). Cette fois, nous avons refusé l’électricité et l’eau, ce qui nous a permis de ne payer « que » 39 € !

Nous ne sommes pas restés longtemps, mais nous avons eu l’occasion de visiter rapidement le centre-ville.

La cathédrale est impressionnante, surtout pour son plafond.

Un artiste était en plein travail, réalisant cette œuvre de sable de couleurs.


Vous allez penser… Mais pourquoi paye si cher pour un port ? Surtout si on ne visite pas vraiment la ville qui l’entoure ?! La réponse est simple. Le premier : la mer était déchainée et nous avions besoin de nous protéger des vagues et des vents. Le deuxième, c’était pour un colis qui nous y attendait.

Le capitaine s’est offert un nouveau joué ! Il s’agit d’un tangon.

Mais qu’est-ce que c’est ? C’est un tube en aluminium qui permet de tendre le génois (Genova en espagnol), c’est-à-dire la voile qui se situe à l’avant du bateau. Bon, je sens que je ne suis pas très claire pour ceux qui ne s’y connaissent pas. C’est plus facile en photo.

À gauche : le génois (voile avec des bord bleus) supporté par le fameux Tangon. À droite, la grand-voile et son bôme (moi je dis Botavara en espagnol).

Ce tube, qui pèse son poids, s’accroche au mât et permet de garder la voile tendue. Car parfois, le vent passe de l’autre côté et les manœuvres sont pénibles. Il faut encore que l’on s’entraine à le placer, sans risquer que Chema soit envoyé à l’eau à chaque fois.

Ci-dessous une vidéo pour que vous voyez ce que ça donne. (Non, ce n’est pas le capitaine qui tombe à l’eau voyons !)

 

Sur ces images, vous avez pu voir le GPS que nous utilisons constamment pour nous guder. En haut à gauche, c’est la viettes en noeuds. Le « rumbo » c’est la direction suivie (la bousole). La ligne rose, c’est la ligne à suivre.


Maintenant que ma petite leçon de nautisme est terminée, je peux continuer mon récit.

Nous avons pris la direction de l’Italie. Cela faisait près de quatre mois que nous n’avions pas mis les pieds dans la botte (merci de rire à mon super jeu de mots !). La dernière fois, c’était près de Pise.

Nous avons posé l’ancre près des superbes plages que nous offrent la région de Calabria. C’est la pointe de la botte pour ceux qui ne situent pas.

La mer y était d’un bleu de rêve, les vaguelettes dépaysantes et le sable chaud. Oui, car le soleil est avec nous depuis plusieurs jours. La température grimpe et nous commençons, doucement mais sûrement à laisser de côtés nos vêtements de pluie pour la navigation.

Afin d’atteindre la plage, Dinghy nous est toujours d’un grand secours. Il est dommage que personnes n’était là pour me filmer lors de mes multiples tentatives de revenir vers Calma. Je m’explique.

J’aime aller découvrir les lieux, même quand notre cher capitaine est encore en train de se réveiller en sirotant son thé. Alors, je prends mon courage à deux mains et je m’en vais toute seule rejoindre la terre.

J’en profite pour me dégourdir les jambes et faire un peu de sport. Ce jour-là, quand l’heure est venue de rentrer pour rejoindre le voilier, je fais comme d’habitude. Je mets Dinghy le plus proche possible afin qu’il flotte à la surface, je plonge les pieds dans l’eau, j’attends le bon moment et hop ! D’un coup, je pousse le bateau gonflable le plus fort possible, je me jette dedans (rien que ça, ça doit valoir le détour vue mon élégance naturelle). Je récupère tant bien que mal les rames et voilà que je commence à m’éloigner de la plage.

Enfin, c’est ce que je crois. Jusqu’à ce que je sente une vague me tremper le dos, puis une autre me ramenant vers le sable malgré mes efforts, et enfin une dernière à la limite de faire chavirer mon embarcation, avec moi toujours à l’intérieur bien sûr. Je m’extirpe tant bien que mal de là, afin de remettre les pieds à terre et d’éviter de faire des roulés boulés avec Dinghy sur la plage.

 

Morte de rire, je vide l’eau qui s’est infiltrée et retente ma chance. Je riais un peu moins quand, dix minutes plus tard, je n’avais toujours pas réussi à rejoindre la mer. Bon je vous rassure, j’ai finalement trouvé un répit entre quelques vagues et j’ai pu remonter à bord e Calma, sous les rires de Chema. J’y réfléchirais à deux fois avant de partir en excursion en solitaire !

En vrai, et face à Dinghy, elles sont fortes les vagues !


Après ces nuits en mer, nous avons amarré au « porto delle Grazie – Roccella Jonica ».

Un port récent, très joli, entouré par de grandes plages à l’eau turquoise.

Là-bas, nous nous sommes cru dans un camping, avec ses pins et ses chemins tracés sur le sol pour trouver les douches.

Le seul problème, c’est l’éloignement du village. Il faut marcher une vingtaine de minutes pour atteindre le premier magasin. Armée de mon sac à dos, je suis partie en route pour une petite excursion tandis que Chema montait la nouvelle sonde. C’est ce qui nous permet de connaître la profondeur, surtout lorsque l’on pose l’ancre.

J’ai eu beaucoup de chance car pour l’aller et le retour, des habitants mon amené en voiture. Je n’ai même pas fait de l’autostop. J’ai trouvé ça génial ! Je pense que dans ce village, tout le monde se connaît et est très serviable. Ils savent que les plaisanciers doivent marcher près d’une route désagréable pour rejoindre les commerces, et ont la gentillesse de nous aider.


Avant de vous écrire, nous avons passé une nouvelle nuit mouvementée. Pour ceux et celles (surtout une qui saura se reconnaître 😉 ) qui nous suit avec rigueur, c’était semblable à la nuit au cours de laquelle j’ai dû me lever pour faire la vaisselle.

À peine posé l’ancre, nous avons calé tout ce qui pouvait faire du bruit et sommes partis nous mettre au lit. Les vagues nous balançait dans tous les sens. Nous aurions pu naviguer plus loin mais nous aurions dû y passe une bonne partie de la nuit pour, peut-être, trouver un « coin » plus confortable.

Nous avons pris notre mal en patience et avons tenté de dormir. C’est épuisé que nous sommes arrivés à Soverato, là d’où je vous écris aujourd’hui.


Avant de vous quitter, j’ai une surprise pour vous ! Un moment qui restera sans doute dans nos mémoires, comme l’un des meilleurs de notre voyage.

 

Depuis le temps que j’en rêvais !!!

 

Précédent

Suivant

Traversée de l’Italie à la Grèce

  1. nadia

    Toujours de magnifiques photos, plus belles les unes que les autres…

    Vraiment ils ne font rien pour attirer les plaisanciers avec des tarifs pareils ou alors c’est réservé qu’aux riches !

    Très original le plafond de cette magnifique cathédrale et cet artiste qui « peint » le Christ avec du sable de couleurs, j’aurais bien aimé voir ça de plus près !

    Je suis déçue, je croyais bien que ta vidéo sur le tangon, c’était pour nous montrer ce que cela donne lorsque Chema tombe à l’eau chaque fois qu’il l’installe ! pour une autre fois peut-être !!!

    J’ai souris quand tu as dit avoir mis les pieds dans la botte (pas mal le jeu de mots) mais j’ai surtout bien rigolée en t’imaginant monter à plusieurs reprises dans le Dinghy et essayer en vain de regagner le bateau, je suppose que Chema devait t’observer avec des jumelles pour avoir rigolé à ton retour ! Je te reconnais bien là, partir à l’aventure toute seule…

    Eh oui je me suis tout de suite reconnue lorsque tu as fait allusion à la nuit où tu as dû te lever pour faire la vaisselle ! donc pas de problème pour imaginer la nuit mouvementée que vous avez dû encore passer !

    Ta vidéo sur les dauphins est tout bonnement INCROYABLE, j’ai même crû un moment que tu allais en toucher un… un grand merci pour ce moment très émouvant, je l’ai regardé trois fois de suite ! Je montre tout ça à ton père demain.

    Merci pour cet émouvant reportage.
    Bonne continuation et gros bisous à vous deux

    Maman

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.