¡A Tomar Viento!

Viaje a vela por el Mediterráneo

De nouveau en Mer Ionniènne – Grèce

Afin de rejoindre les îles ioniennes, nous sommes remontés plus au nord et avons fait halte à Proti (Πρώτη).

Après 10h30 de navigation, nous avons posé l’ancre dans cette superbe calanque azure du nom de Gargaliani. Mis à part des chèvres, personne à l’horizon.

Le mouillage a été difficile et nous a pris une heure. En effet, les roches étants proches, nous devions nous mettre proue face à la mer pour empêcher Calma de tourner sur lui-même afin d’être sûr de ne pas choquer contre les falaises au moindre changement de vent.

Après avoir posé l’ancre comme d’habitude, Chema est allé accrocher une chaine et un très long cordage jusqu’à terre à l’aide de Dinghy. Une fois accroché à la poupe du voilier – je vous passe les détails et la petite demi-heure pour faire tourner Calma sur lui-même sans me retrouver contre les rochers – nous n’avions plus qu’à tendre le cordage.

Par mal chance, le cordage s’est glissé sous un énorme rocher au fond de l’eau dans la manœuvre. Par chance, le piège se trouvait à quelques mètres du bord, soit à environ 3 mètres de profondeur.

Chema ayant perdu beaucoup d’énergie dans nos manœuvres précédentes, j’ai pris le relais pour retirer le câblage du rocher tandis qu’il utilisait le moteur pour réduire la tension de la corde et m’aider.

Une fois le bateau fièrement en place, nous avons sauté à l’eau pour nous rafraichir. La récompense valait la peine de fournir autant d’effort.


Nous sommes partis pour l’île de Zante / Zakynthos (Ζάκυνθος). Après 5h30 de navigation, nous étions soulagés de pouvoir amarrer dans le port de la capitale de l’île. C’était sans compter le fonctionnement étrange de cette « marine ».

Un homme nous a fait signe de nous amarrer entre deux voiliers. Après avoir posé l’ancre, le capitaine me crit de récupérer l’ancre car nous sommes mal placés. Le « marin » ne nous avait pas correctement indiqué l’emplacement. Je vous rappelle que l’ancre pèse 20 kg, à cela s’ajoute la chaine de 23 mètres + quelques mètres de cordage mouillé. Contrôler la descente de l’ensemnble, puis récupérer le tout à peine quelques minutes plus tard, tout ça après des jours de navigation ^^. Ils ne se rendent pas compte que ce n’est pas un moteur et une télécommande mais mes petits bras qui font le travail !

Bref, une fois l’ancre de nouveau posée – je vous passe ma mauvaise humeur toute seule à la proue 😉 – nous avons reculé Calma afin d’amarrer à la grecque.

Les futurs voisins sur leur voilier et quelques marins nous attendaient et nous faisaient de grands signes. Ils nous avaient choisi un trou juste assez large pour Calma. Avec Chema nous ne faisions pas les fières à côté de ces géants.

Le passage a été difficile mais finalement, nous avons réussi à nous caler entre les deux.

Le plus petit mât est le nôtre ^^

De là, un énorme bruit d’appel-d’air m’a fait sursauter. Lorsqu’un des énormes bateaux de touristes revient de sa tournée, les vagues dans la baie du port passent sous le quai et évacue l’air restant sous les arcs. Ce qui provoque un énorme bruit de succion et de claquement, tous les voiliers amarrés bougeant et sautant à la fois.

Enfin, les « marins » nous ont fait payé 30 € pour la nuit. Leur explication concernant le prix nous a semblé étrange : 15 € pour l’amarre et l’eau et 15 € pour leur aide… D’après le livre qui nous sert de guide, ces personnes se chargent d’amener le paiement aux autorités et se prennent une commission au passage. Il ne nous a pas été indiqué comment payer directement à la police portuaire. Nous avons comme l’impression de nous être fait embobiner.

Bref, l’arrivé sur le site ne nous a pas inspiré confiance.

À part ça, la ville est assez jolie. De nombreuses grandes églises bien différentes de celles des îles Cyclades. Très touristique, nous ne nous sommes pas attardés.

L’interieur d’une des taverna

Depuis l’été dernier, lorsque nous avons planifié ce voyage, je rêve de me rendre sur une plage très connue : Shipwreck. Il s’agit d’une plage où s’est échoué un gigantesque navire que l’on peut voir depuis Google Maps.

 

Google Maps

Photo Internet

J’ai adoré la beauté du site, la taille incroyable de l’épave et son état. L’eau est d’un bleu turquoise différent de tous les autres bleus que nous avons admiré.

L’eau n’est pas très transparente et plutôt sale. En effet, comme je m’en doutais, c’est un lieu extrêmement touristique. Même si je ne m’attendais pas à ça. À peine mouillé, nous avons compris que les allées-venues des embarcations remplies de touristes bruyants n’arrêtaient pas de la journée. Il faut dire que nous sommes arrivés un dimanche, pas très malin mais nous n’avons pas fait exprès.

De gros bateaux entrent dans la calanque à coup de klaxon jusqu’à « échouer » sur la plage. Ils sont peu profond de cale ce qui leur permet d’accoster tout en gardant le moteur immergé. Ils « dégagent » les baigneurs de l’eau et de la plage à grands bruit afin d’éviter que les malheureux ne se fassent déchiqueter. Puis tout le monde descend. Selon le bateau, il reste ou part attendre un moment avant de revenir chercher ses clients, toujours à coup de trompette.

À cela s’ajouter le balai incessant de plus petites embarcations d’une trentaine de clients, qui font comme leur aîné et viennent poser la proue quasiment sur le sable. Les personnes allongées là ou ayant les pieds dans l’eau sont priées de dégager rapidement.

Et puis, quelques petits bateaux privatifs, avec environ 5 occupants vont et viennent.

Nous autres, plaisanciers dans nos voiliers et catamarans, nous observons ces vas et viens en luttant pour ne pas nous fourrer des bouchons dans les oreilles.

C’est vers 18h00 que les derniers touristes partent à grands bruits. Les dinghys sont alors mis à l’eau et la plage change de visage. Nous nous retrouvons une petite vingtaine afin de contempler ce site un peu spécial.

Bien sur Chema n’a pas pu s’empecher de faire le singe 😀

Les visiteurs déposent une pierre à l’édifice (un petit clin d’oeil ;)).

La bâtiment est impressionant mais en très mauvais état. Rien ne le sécurise mis à part un panneau annonçant qu’il s’agit d’une propriété privée, que c’est dangereux et qu’il est interdit de prendre des photos. LOL 😀

Plus tard dans la soirée, c’est au tour des « riches » propriétaires de paquebot de luxe resté au large tout ce temps. Accompagnés par leurs « serviteurs », ils atteignent la plage sans mettre le pied à l’eau, laissant leur « marins privés » le faire pour eux. Les plaisanciers admirent de nouveau le spectacle en riant.

Si vous voulez décompresser, c’est le dernier endroit à visiter en Grèce.

Toutefois, je ne regrette pas notre passage car je voulais absolument m’y rendre. Les grottes situées dans la calanque m’ont impressionnées. L’eau y est réellement bleue turquoise…

Ça remue !

Et puis, le capitaine a fait en sorte de rendre notre visite mémorable en me proposant de retourner à la plage une fois la nuit tombée. Il a joué quelques airs de guitare, tandis que nous étions installés près de notre lampe à huile, face à nos voisins, au son de la mer et dans la fraicheur de la nuit… génial !

🙂

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  1. Nadia

    Bonsoir,
    Magnifique aventure, tout en lisant, j’avais l’impression d’être avec vous… tes photos sont splendides !!!
    L’intérieur de la Taverna est très jolie avec toutes ces lumières et ces couleurs…
    Les marins vous voient venir, vous les petits plaisanciers et ils savent bien vous arnaquer… financièrement.
    Surprenant ce bateau échoué, je ne connaissais pas du tout cette histoire… grâce à toi, j’en apprend énormément, merci pour tous tes partages.
    Bonne continuation et à bientôt
    Bisous à vous deux
    maman

  2. romane rose

    Toujours des photos aussi magnifiques et le récit tout autant. C’est sympa de découvrir votre périple ainsi et de nous donner la « température » de l’ambiance. Bon vent à tous les deux 😉

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