¡A Tomar Viento!

Viaje a vela por el Mediterráneo

Île de Tinos – Grèce (3)

Finalement, nous l’avons grimpé cette montagne !

Photo d’internet

Voyant que notre séjour sur l’île de Tinos s’étire, nous avons de plus en plus besoin de nous dégourdir les jambes.

La plus-part du temps, nous restons dans le bateau, pianotant frénétiquement sur nos claviers et surfant sur internet. Mais il est hors de question que notre voyage ressemble à ça !

Nous avons déjà fait le tour de la petite ville de Tinos en large et en travers, cherchant à nous y perdre mais nous en connaissons déjà les moindres culs-de-sac. Il nous arrive tout de même de tomber sur une énième église que nous n’avons pas encore remarquée. Ou bien est-ce l’âge qui fait déjà des ravages dans nos mémoires.

Presque chaque jour, nous nous installons à une terrasse ou une table protégée du vent, sirotant un « frappé » au café ou une eau gazeuse avec citron. Nous évitons – avec beaucoup de courage pour ma part – les gaufres, crêpes, glaces et autres sucreries largement déployées aux tabes voisines. Nous évitons ainsi les notes élevées et les kilos en trop. Je dois avouer que même si les repas ne sont pas cher, les Tavernas se rattrapent. Et plus l’endroit est joli et bien décoré – une technique marketing qui marche à tous les coups sur moi – plus le prix des boissons est élevé.

Une des Tavernas, avec vue sur le port, en fin de journée.

Après les courses quotidiennes, il ne nous reste plus beaucoup d’excuses pour sortir de l’entre protectrice que nous offre Calma.

Il faut dire que dès que nous sortons la tête par la porte, nous faisons face aux bourrasques Meltemi. Il est bien gentil celui-là, mais j’en ai assez de le voir et de le prendre en pleine figure à longueur de temps. Et ça ne serait s’améliorer avec le temps.

Même dans notre « salon », nous subissons ses effets. Le bateau choc constamment contre le quai, frotte contre les pneus nous protégeant des pierres, et nous gratifie de couinements incessants.

Pour vous représenter la scène, imaginez le capitaine et moi, chacun de son côté de la table, adaptant notre posture à chaque mouvement, allant de droite à gauche, d’avant en arrière, dans un rythme imprévisible, le tout avec des hennissement de cheval.

Le matin, je préfère garder ma tasse de thé à la main après qu’elle se soit renversée dans le réfrigérateur lors d’une bourrasque plus forte que les autres. Et nous sommes bien amarrés ! Imaginez si nous étions dans un mouillage (ancre).

En plus de cela, nous avons dû remplir notre réserve d’eau au seau. Comme nous ne croisions pas les marins, qui sont les seuls à pouvor nous fournir, nous avons été nous ravitailler à la fontaine d’en face. Faut ce qu’il faut ! L’hygiène, c’est important.

Ah, j’allais oublier ! Étant donné le nombre d’églises, croyez bien qu’il y a autant de messe. Dès 7h45 du matin, elles se passent le relaais pour sonner leurs cloches. Ils sont fous ces grecs !

Les points positifs de ce passage à Tinos sont les suivants :

  • Nous apprenons à « travailler » sans être perturbés par les éléments ambiants
  • Nous musclons notre dos
  • Nous apprenons la patience
  • Nous réalisons combien la vie sans vent st appréciables. Plus jamais je ne réclamerais une brise pour me rafraichir lorsque je fais bronzette !
  • Le port est gratuit !+
  • Et, il pariat, que nous sommes protégés du vent.

Bon, finis les lamentations – je m’amuse bien, j’espère que ça se voit ! – et partons en quête de cette fameuse roche immense, grande attraction de l’île.

Elle s’appelle Εξώμβουργο … je vous le traduit dans notre alphabet : Exombourgo. Il s’agit de la plus haute montagne de l’île, culminant à 641 mètres. Et nous l’avons gravi ! En trois heures… Oui, je sais, on a galéré, mais vous allez vite comprendre pourquoi.

Tout d’abord, il faut savoir que depuis le port, il faut parcourir 6 km, en monté (522 mètres exactement). Google Maps nous annonçait 1h40 de marche. Il est gentil ! 🙂 Nous avons mis presque deux fois plus de temps car nous étions accompagnés de Meltemi ! Notre cher nouvel ami.

Souvent de face et aussi quelques fois de côté, il a fait en sorte que nous ne puissions pas communiquer sauf en hurlant. Il nous a obligé à quitter nos couvres chefs sous peine de les voir partir à l’aventure sans nous. Il nous a bousculé au risque de nous faire tomber du haut de l’Exombourgo. Il nous a jeté du sable au visage – pour rester poli – au point d’avoir l’impressions d’avoir des milliers d’aiguilles plantés sur toutes les surfaces de peau visible. Pour ma part, j’ai regretté mon léger décolleté.

Ici, une maison vide avec son église. On se demande s’il n’y a pas plus d’église que de maison ici ! ^^

En plus de ça, nous avons fait quelques détours, nous perdant un peu entre ce que Google Maps nous proposait et les chemins indiqués à l’aide de petits cartons rouges numérotés. C’est ainsi que nous avons découvert le village de Ktikados (Κτικάδος). Un village, deux grandes églises.

Arrivés en haut, nous nous sommes abrités comme nous le pouvions contre un mur du monastère afin de manger nos sandwiches en paix. Dans ces cas-là, on relativise. Le vent qui d’habitude me gêne, car il bien trop fort à mon goût, devient la brise dont on s’accommode pour déjeuner en plein air.

Le fameux rocher ! Vous voyez la minuscule croix tout en haut ? Nous y étions !

Et le monastère (desert).

Pour que vous compreniez la force de ce vent, il est plus facile de le comparer. Vous savez, lorsque vous êtes en voiture un jour d’été caniculaire, et que vous passez la main par la fenêtre vous amusant de l’effet de la vitesse et donc de la force du vent, sur votre petites mimine… Et bien là, c’est comme si vous sortiez complètement du véhicule roulant à 50 ou 60 km/heure !

Vous vous dites, Emilie exagère. Elle ne doit pas savoir quelle était la force du vent… si si ! D’après les prévisions météo, le vent devait être  de 40 à 45km/heure. Sur un site internet dédié, j’ai trouvé les infos complémentaires.

lesvents.free.fr

Je confirme, nous avons grimpé dans les montagnes jusqu’à une hauteur de 600 mètres avec un vent d’au moins 50km en face ! Ça muscle. 🙂

Mais tout cela en valait la peine car les sentiers sont magnifiques, la vue est superbe et… nous avons une chance incroyable d’être ici !

Vue direction nord-ouest

Vue direction sud-est

Pour ce qui et du retour, il a suffi que je lève le pouce une fois, après seulement 5 min au bord de la route dans l’attente d’une voiture, pour qu’un gentil grec nous dépose en ville. Ça nous a pris 8 min pour redescendre !

Sur ce… bon vent !

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  1. Nadia

    Bonsoir Emilie,
    Dans le commentaire précédent, j’ai failli te dire qu’on dirait qu’il y a plus d’églises que de maisons !
    Magnifique vue du café sur le port, ta photo ressemble à un tableau de Maître !
    Un coup à gauche, un coup à droite, un coup en avant, un coup en arrière, vous apprenez à danser !
    En en plus la corvée d’eau, ça ne te rappelle pas quelques chose !
    J’imagine bien le concert de cloches dès le matin, vu le nombre d’églises…
    Très courageux pour avoir affronter cette montagne et avec ce vent !!! Tu dois avoir tes petits bras et les gambettes bien musclés (fait nous voir une photo de toi…) Pour Chema cela se voit sur la photo du puiseur d’eau…
    C’est vrai que vous avez une sacré chance d’avoir pu faire ce voyage en Grèce, si nous étions beaucoup plus jeunes, nous aurions pu envisager d’aller passer des vacances là-bas tellement tes photos sont belles !!!
    Bien le bonjour à votre ami Meltemi qui vous suit partout comme un petit chien !
    Je vois que l’auto-stop fonctionne très bien en Grèce, ils sont super gentils ces Grecs et c’est normal car vous avez tous les deux une tête bien sympathique !
    Bonne balade et bon vent
    Bisous à vous deux
    maman

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