¡A Tomar Viento!

Viaje a vela por el Mediterráneo

Traversée Grèce – Sicile

Ça y est…  nos derniers jours en Grèce sont arrivés. Nous avons quitté Corfou et ses eaux pour nous rendre plus au nord de l’île et nous rapprocher au maximum de notre point de départ pour notre traversée.

Adieu Corfou !

Après une courte halte dans le port pour nous ravitailler en eau, nous avons pris la directon du nord. Nous sommes retournés à notre premier arrêt lors de notre arrivée en Grèce : Kassiopi.

Puis nous avons rejoint Erikousa, une des îles tout au nord de la Grèce et donc de Corfou.

De là, nous avons fait un petit arrêt pour nous rafraichir et poser le pied à terre, nous avons été contents de découvrir cette jolie île.

Le capitaine a effectué les préparatifs et vérifications d’usage avant notre départ pour « la grande traversée ». Il était question de moteur, de cordages à changer et du matériel de sécurité. Pendant ce temps, j’organisais le bateau et je préparais les crocs monsieurs. Hey oui, chacun ses responsabilité ! ^^


Faux départ

Le lendemain matin, à 9h00, l’équipage était sur le pont ! Prêts à faire nos adieux à la Grèce, ce pays et ces îles que j’ai tant aimés.

Mais voilà, le ciel et la mer nous ont de nouveau prouvés que nous ne sommes pas en pouvoir de décider. Malgré nos multiples vérifications météréologiques, sur plusieurs sites dédiés, nous avons été surpris par une tempête que Chema appelle « tourmenta de verano », typique du mois d’août.

Après à peine 45 min de navigation lente et calme, les petits nuages blancs se sont transformés en gros nuages sombres et le vent est monté. En quelques secondes, nous avons posé nos téléphones et nos tablettes de lecture et avons commencé à réduire les voiles afin qu’elles aient moins de prise au vent. Le vent et les vagues ont soudainement pris de la force, rendant de plus en plus difficile les manoeuvres.

Apercevant un petit trou dans la voile Genova, nous avons décidé de mettre le moteur et de nous rapprocher de la dernière île possible afin d’effectuer les réparations.
Car en plus de ça, le réflecteur de radar – qui était tombé la veille et que nous avions attaché – a à nouveau chuté, se brisant à nos pieds.

Les tubages à l’arrière de Calma, sur lesquels sont maintenus les panneaux solaires, sont aussi sortis de leur accroches.

Tout en remettant tout en place, nous avons changé de cap et avons navigué à moteur sous les petites rafales et les vagues nous aspergeant d’eau de mer chaude au passage. C’est mieux qu’en hiver ! Ça nous a rappelé le mois de novembre. D’ailleurs, ça faisait longtemps que nous n’avions pas eu froid !

Après 2 petites heures, nous avons mouillé près d’une plage au nord de l’île.


4 voiliers se trouvaient déjà là. Beaucoup d’autres sont arrivés par la suite, certainement dans le même cas que nous, pris par surprise par une petite tempête qui n’était pas annoncée dans les prévisions météorologiques.

Nous avons vécu bien pire. Mais cela nous rappelle d’être prudents et toujours aux aguets.

Remis de nos émotions, nous nous sommes posés pour manger et avons réparé la voile.

Après une « enquête », il s’avère que la voile s’est déchirée sur un petit « je ne sais quoi » en acier ajouté la veille pour maintenir le ´réflecteur de radar en place (ce qui n’a pas fonctionné ^^). Le vent faisant claquer la voile dans tous les sens le temps de l’enrouler, elle a dû s’accrocher sur l’embout en acier et avec la force du vent, faire un acroc.

Le capitaine s’est chargé de la couture.

Réparation terminée

Nous nous sommes reposés et réchauffés. Nous étions rassurés et amusés de voir autant d’autres voiliers dans le même cas que nous : soit en partance de la Grèce soit de l’Italie. Comme quoi, il n’y a pas que nous qui avons été surpris et obligés de se protéger.

Une fois la voile remise en place et la météo de nouveau vérifiée, nous avons décidé de repartir. Le ciel était de nouveau bleu et le vent venait du nord, comme prévu.

Traversée Grèce – Sicile

C’est donc à 17h00 (heure grecque) que nous avons quitté l’île Othonoi et avons débuté notre plus longue traversée.

De là et jusqu’au lendemain, le vent ne nous a pas lâché, de même que les vagues. Nous naviguions à bonne allure : environ 5 ou 6 noeuds (10 km/h), pour nous, c’est beaucoup !

Après une sieste, le capitaine a navigué de minuit à 5h00 du matin (4h00 en Italie). Nous avons vécu le changement d’heure sans trop nous en rendre compte.

Quant à moi, après mes 3 premières heures sous le quartier de lune brillant et les étoiles, j’ai repris le timon de 5h00 à 9h00. J’ai eu la visite de dauphins, cette fois grands et gris, pas les même que d’habitude.

Je me suis tout d’abord guidée de la lune, qui traçait un chemin argeté sur la mer et les vagues devant moi. C’était hypnotisant.

Au petit matin, j’ai profité d’un magnifique levé du soleil oranger, sur la surface de plus en plus lisse de la mer.

Et plus tard, deux arc-en-ciel !

Entre Grèce et Italie, nous avions les deux drapeaux 😉

Au cours de la journée, le vent s’est calmé et nous vons dû mettre le moteur. Nous savions que la deuxième partie du voyage se ferait en grande partie avec le bruit du coeur de Calma en fond sonore.

L’avantage, c’est que la navigation était plus agréable, quoique plus lente. Les vagues ayant disparues, Nous avons pu facilement faire une sieste, lire (des heures et des heures), regarder la mer, cuisiner, jouer à l’odinateur etc.

Le soir venu, nous avons recommencé comme la veille. Après avoir enfilé le gilet de sauvetage et veillant à ce que la ligne de vie m’accroche bien au bateau, j’ai veillé à la navigation tandis que Chema dormait. De minuit à 4h00 cette fois, j’ai pu me reposer. La mer étant plus calme, je me suis profondément endormie.

Au matin, Chema a pris le relais dans le lit et… j’ai poursuivis ma nuit « sur le pont ». En principe, celui qui est dehors est censé garder l’oeil ouvert. Pourtant, à 4h00, j’ai réveillé le capitaine en plein sommeil, Calma vaugant tranquilement. J’ai fait comme lui, me réveillant en sursaut tous les quarts d’heure ! Autant dire que je n’ai pas vu grand chose du levé du soleil cette fois !

Il faut dire que nous avions une visibilié très claire, sans nuages, sans terre à l’horizon, ni vent. Le seul danger pouvait provenir d’un bateau venant à notre rencontre, à cette distance, ce n’est pas en 30 minutes qu’il peut nous atteindre sans qu’on ne l’ait vu au loin.

Nous pouvons donc aisément piquer du nez sans nous mettre en danger. Contrairement à une voiture d’ailleurs.

Vers 8h, le capitaine est venu me rejoindre et nous avons repris nos activités de loisir.

C’est avec joie que nous avons vu de prêt les côtes italiennes puis au loin la Sicile.

Le sud de l’Italie sous un gros nuage blanc

 

Sicile, nous revoilà !

Nous avons changé le petit drapeau, le bleu et blanc étant rangé pour faire place au vert, blanc et rouge.

À notre approche de la côte-est de la Sicile, nous avions une vue incroyable sur l’Etna, ce volcan encore en activité situé seulement à 30km de notre destination.

L’Etna, c’est la forme montagneuse parmi les nuages !

Après avoir tranquilement posé l’encre et s’être douchés, nous avons rejoins la terre afin de nous régaler d’une pizza bien méritée.

Pas les meilleurs mais bonnes quand même.

En bref, ce sont 50h30 de navigation, 250 miles nautiques, à une moyenne de 5 moeuds, ce qui n’est pas mal du tout.

Il s’agit de notre plus longue et plus grande traversée ! Nous ne devrions pas en faire de plus grande sur notre route du retour. Et si elles se déroulent toutes aussi bien (du moins sans l’épisode tempête), ce sera avec plaisir. 🙂

 

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  1. Nadia

    Bonsoir,
    Ton récit était tellement captivant que j’étais à fond dedans et avait l’impression de vivre l’aventure avec vous ! je vous imaginais très bien, à tour de rôle, réveiller celui qui est à la barre !!! (très rassurant !) et cette tempête vous occasionnant un faux départ !!! heureusement qu’on apprend tout cela que lorsque la traversée est terminée, sinon bonjour l’angoisse !!! (très contente de vous savoir arrivés à bon port). Superbe traversée, félicitations à vous deux pour votre courage et votre détermination .
    Les dauphins sont de nouveaux avec vous !
    On dirait que vous êtes heureux de manger une pizza, ça change du pain pita !
    Bravo à Chema pour la couture, c’est nickel !

    Bonne continuation en Italie et à bientôt
    Bisous
    maman

    • Emilie

      Je suis contente que mon article te plaise. 🙂 nous poursuivons notre course en direction de l’Ouest de la Sicile. À très bientôt ! Bisous

  2. Manon

    On dirait un petit pansement sur la voile !
    Chéma est l’infirmier privé de Calma !

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