¡A Tomar Viento!

Viaje a vela por el Mediterráneo

Traversée Sicile – Sardaigne

Le moment est venu de retourner en Sardaigne ! Laissez-moi vous raconter notre traversée.

Nous sommes partis à 13h de Favignana.

Nous attendions un vent capricieux, parfois du nord parfois de l’est et même de l’ouest. De plus je me préparais à des vagues gênantes après les vents qui ont soufflé toute la semaine. Bref, beaucoup de changement de voiles en perspective et certainement des heures de moteur. Nous n’avions qu’en partie raison. Pour le moteur du moins. Nous l’avons allumés en partant et ne l’avois pas éteint avant le lendemain après-midi. Pour ensuite le ralumer pour plusieurs heures et à plusieurs reprises.

Ici, nous voyons la montage de l’île de Favignana. Il doit être environ 18h00.

Le vent a soufflé de l’ouest, c’est à dire de face. Mais comme prévu, pas très fort donc pas gênant si ce n’est que les voiles ne servaient strictement à rien. Le ronronnement du coeur de Calma nous a accompagné, devenant partie intégrante de cette traversée, de même que le pilote automatique.

Cette traversée contraste incroyablement avec celle que nous avions effectué dans mes mêmes eaux mais dans le sens contraire (pour l’article à ce sujet, c’est pas ici !). Il y à 5 mois, nous n’avions pas de pilote auto faute d’un aimant calé dans un tiroir et debousolant la boussole (haha). Nous n’avions quasiment pas allumé le moteur et avions supporté une mer plutôt agitée. L’avantage de cette traversée fatiguante avait été la vitesse.

C’est le contraire pour le retour. Certes nous avons pu cuisiner, coudre, lire, regarder un film à la nuit tombée (si si !), lire encore, nous reposer, grignoter, lire (toujours), jouer à un jeu vidéo sur PC, dormir… Mais nous n’avons pas été plus vite que 5 noeuds la plus pasr du temps et ce avec le moteur nous vrillant les tympans ! On ne peut pas tout avoir. 😉

Comme d’habitude, Chema a pris la première partie de la nuit et moi la seconde.
J’aime cet arrangement car cela me permet de profiter du splendide coucher du soleil sur la mer, avec seulement quelques nuages.


Vers 21h, j’ai été épatée pas le levé de la lune, orange et grosse au niveau de l’horizon (mais les photos ne donnent rien). Déjà a ce moment là nous ne pouvions voir que l’île de Favigna au loin, sans autre terre ni lumière pour compléter notre vue. Les reflets orangers sur l’eau sont magnifiques. Et je suis impressionnée par la rapidité avec laquelle la lune monte dans le ciel.

Après quelques heures de repos, jai profité d’une nuit… non pas noir mais grise. La lune éclairait tellement que je me faisais l’impression d’être illuminée par sa lumière blanche, et que ses reflets argentés éclairaient le ciel et la mer. Il n’y avait plus rien à voir aux alentours. Seule la mer nous entourait. Une brume – ou bien l’éloignement des côtes – ne me permettaient même pas d’avoir une notion de distance. Par contre à cause de la clarté ambiante, les étoiles n’étaient pas aussi belles qu’à mon réveil entre la Grèce et la Sicile.

Le levé du soleil est splendide, comme à son habitude. En mer, il n’y a rien pour gêner la vue et on peut admirer chaque rayon et dégradé de couleur. J’adore, même si – et vous allez me détester pour ça – on s’y habitue. C’est beau ! Bien-sûr. Mais je ne passe plus autant de temps à contempler ce spectacle.

La matinée est finalement ce que je préfère. La mer était si calme et plate que seul Calma faisait des remous. La surface bleu était si lisse que j’avais l’impression d’être au dessus d’une paroie de verre. J’avais une envie furieuse de toucher la surface plane (plus voir photo au début de cet article).

On voit même mon ombre !

Nous avons vu quelques dauphins mais aussi des tortues ! Malheureusement, elles étaient trop loin et trop peureuses pour que l’on puisse vraiment les admirer.


La deuxième journée a été aussi calme que la 1ere. Vers 16h, nous avons eu la bonne surprise d’accueillir un nouveau passager.

Ce petit oiseau, qui voletait déjà aux alentours depuis plusieurs heures, est venu se poser sur le siège du capitaine. Il semblait erintée par ses heures de vol. Étant très loin des terres nous avons pensé qu’il venait de la Sicile ou du moins d’une des îles que nous venions de quitter. Si c’est le cas, je comprend qu’il ait eu besoin de repos !
Toujours est il que notre petit individu a pris confiance, cherchant un endroit pour dormir, et se méfient de moins en moins de nous. Il faut dire que nous avons dû le déranger quand le pilote automatique n’arrivait plus à suivre et que nous devions reprendre les commandes.

En effet, lorsque nous nous sommes rapprochés de notre destination, les vent ont monté. Nous étions contents car au cours de l’après midi, nous avons pu couper le moteur plusieurs heures et profitant d’un vent doux mais qui nous amenait dans la bonne direction.

En fin d’après midi, le petit Marcelino* (il fallait bien lui donner un nom) devait s’accrocher de ses petites griffes pour ne pas tomber. Calma était de plus en plus penché. Tous les trois, nous avons observé le coucher du soleil sur les côtes sardes.

Après avoir revêtu quelques vêtements plus chauds, nous nous sommes amusés à voir que notre ami s’infiltrait pas moment à l’intérieur de Calma, comme pour chercher un endroit pour s’abriter du vent et pour dormir.

Lorsque les vagues se sont intensifiées, nous avons fermé les fenêtres et le pauvre ne trouvait plus l’entrée. Je l’ai donc attrapé et « lancé » à l’intérieur. Il a finalement trouvé sur le robinet de la cuisine et a piqué un petit somme, ne s’inquiétant même plus de nos allées et venues.


Car pendant ce temps, au sud de la Sardaigne, les choses se sont compliquées pour nous. Les vents venaient directement de Cagliari. Pas de chance puisque c’était notre destination. Nous avons tenté de la rejoindre en faisant des « zig zag » mais, que ce soit à voiles ou à moteur, les vagues nous balotaient dans tous les sens.

Après deux heures de lutte inutile, nous avons rebroussé chemin et avons rejoint la côte pour nous abriter et nous reposer pour la nuit, comme Marcelino, bien tranquillement endormi en équilibre dans la cuisine. Sur notre lieu d’encrage, tout était calme. Peu de vent et pas de vague.

Au petit matin…

Une fois l’encre posé, l’oiseau s’est vaguement réveillé. Comme je l’avais fait au moment où les vagues s’étaient faites plus forte en soirée, je l’ai pris dans mes mains. Cette fois c’était pour lui montrer qu’il pouvait sortir. Il est resté posé quelques secondes sur mes doigts, ce qui pour moi était un moment magique. Il était en confiance. Puis, il a pris son envol.

Adieu Marcelino ! Bonne decouverte de cette nouvelle île !

La traversée s’est faite en 35h45, environ 160 miles.

Et nous voilà de retour en Sardaigne ! Il ne reste que quelques miles nautiques pour rejoindre notre destination.

 

* Marceline : En l’honneur de Marcel, un oiseau qui venait nous rendre visite dans le camping où je passais mes vacances en famille. 😉

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  1. Nadia

    Bonsoir,
    Superbes levés de lune et de soleil, merci pour les photos même si tu dis que cela ne rend pas bien !
    Magnifique ce dégradé de bleu entre la mer et le ciel, merci pour la vidéo !
    Très émouvant ce passage avec cet oiseau qui vient voyager avec vous pour se reposer en toute confiance dans votre cuisine et accoster sur l’île… apparemment il est resté un bon moment avec vous ! ce sont des moments magiques et inoubliables de votre voyage…
    Il y a trente ans… dans quelques heures… naissait la plus courageuse des aventurières… Bon anniversaire Emilie avec tes amis de Cagliari.
    Reposez-vous bien de votre traversée et à bientôt
    gros bisous
    maman

    • Emilie

      Merci maman pour ce commentaire ainsi que tous les autres depuis bientôt un an ! à très vite 🙂

  2. romane rose

    Comme toujours ton récit est touchant et surtout l’histoire de ce petit oiseau. Je ne pensais pas cela possible, mais il faut croire que les animaux ont un instinct plus développé que le notre pour trouver les bonnes personnes :D. Bon repos pour quelques jours j’imagine et la photo de la mer bleu, whaouh, c’est carrément presque irréelle et d’une beauté mystérieuse à couper le souffle. Bon vent les amis 😀 Bisous.

    • Emilie

      Oui,ces dégradés de couleur et le calme serrein de a mer sont certainement ce que je préfère lors de nos traversées. Ça vaut la peine de se lever à 4h du matin pour reprendre le timon ! 😉 Cette photo est maintenant mon fond d’écran. 😀

  3. Manon

    Marcelino, mais c’est trop mignon ! Et posé sur tes pieds et tes mains, c’est juste trop beau !
    35h, sacrée traversée, vive Outlander et compagnie !

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