Je reconnais que vivre à bord d’un bateau n’est pas commun. Et le peu de connaissance qu’ont les gens sur le monde nautique fait que souvent, je fais face à des questions absurdes autour de mon style de vie. Ainsi, pour rassasier votre curiosité, je vais tenter de répondre ici à quelques unes des questions les plus fréquentes.

Mais… et quand tu dois aller aux toilettes, comment tu fais ?

Ça ne rate pas, cette question est toujours dans le top 10. J’imagine qu’ils me voient comme le capitaine Jacques Sparow, urinant directement au bord tandis que je garde l’équilibre pour ne pas tomber à l’eau. Mais non, quand je dois aller aux toilettes… et bien j’y vais. N’importe quel port a les installations nécessaires, avec ses douches, ses toilettes et autres.

D’accord, mais et quand tu n’es pas dans le port ?

Tous les bateau viennent équipés avec un toilet et dépendamment de la nationalité du bateau, certains ont un réservoir d’eaux souillées, qui peut être vidé en haute mer ou via une espèce d’aspirateur gigantesque qu’ont les ports. Ceux qui ne peuvent pas avoir le réservoir, vident directement le toilet dans l’eau. Pour cela, il faut seulement prendre soins de ne pas prendre un bain à côté du bateau au moment où quelqu’un tire la chasse d’eau.

Et tu peux te doucher ?

Lorsque le bateau est amarré dans un port, on peut parfaitement utiliser les douches. Sinon, quelques bateaux, comme le Calma, ont une petite douche. Récemment, nous avons installé un petit chauffe eau qui fonctionne avec la chaleur du moteur. Ainsi, nous pouvons aussi prendre des douche d’eau chaude en hiver.

Comment laves-tu les vêtements ?

La plupart des ports ont aussi une laverie payante. Mais si le temps le permet ou que l’on est loin de la civilisation, on peut toujours laver les vêtements à la main et l’étendre sur le bateau. On économise l’adoucissant parfum “fraîcheur marine”.

Vous avez de l’électricité ?

Oui, dans le port nous pouvons utiliser du 220V en connectant un cable au ponton. Durant les traversées, le bateau a sa propre installation de 12V avec des batteries. Grâce à un convertisseur on peut recharger les ordinateurs portables, les téléphones et utiliser quelques petits appareils électroniques.

Ces batteries se chargent avec le moteur, comme une voiture. Sauf que cet été nous avons installé deux panneaux solaires pour avoir de l’autonomie et ne pas avoir à démarrer le moteur seulement pour recharger les batteries. C’est très utile quand on a mouillé dans une petite crique et que l’on ne veut pas écouter le bruit du moteur, ni gêner les voisins.

Et les orages, ça ne vous fait pas peur ?

Et bien, si, beaucoup, c’est pour cela que nous les évitons. Avec le service météorologique, du jour au lendemain, il est assez facile d’anticiper quand il va faire mauvais temps et se protéger dans un port ou une plage qui peut protéger du vent et des vagues. La méditerranée est remplie de ports, il n’est donc pas nécessaire de se confronter au mauvais temps, si on a bien fait son travail et que l’on a consulté la météo marine.

Et tu peux t’arrêter dans n’importe quel port ?

Pratiquement tous, sauf s’il est complet, comme par exemple en août à Mallorca. Ou sauf s’il est très cher, comme par exemple, en août à Mallorca.

Le mieux est d’appeler le jour précédent pour réserver ou le jour même pour s’assurer d’une place libre. Mais si on est pas en saison haute, il est facile de se diriger vers l’embouchure du port et d’appeler par radio pour demander un amarre et attendre que vienne un marin pour nous aider.

Il faut payer le port ?

Oui, presque toujours. De fait, c’est son travail. Il te donne la protection, les toilettes, les douches et d’autres services en échange d’un prix qui dépend de la longueur du bateau. Plus il est grand, plus on paie.

J’ai entendu parlé de ports oú on ne paie pas, mais souvent, se sont des ports de pêche. Tous les ports de plaisance que nous connaissons sont payant.

C’est très cher ?

Cela dépend de la longueur du port, du bateau et de la saison. Par exemple, avec un bateau de 10 mètres comme le Calma, on peut payer 100 € par nuit dans un port de plaisance luxueux d’Ibiza en haute saison. Ou 12 € par nuit pour un port moins glamour en basse saison.

Et vous pouvez rester dans n’importe quelle plage que vous voyez ?

Oui, à moins que ce soit expressément interdit. Et à condition de ne pas dépasser les bouées jaunes qui délimitent la zone des baigneurs. Bien que dans la pratique, certaines sont meilleures, dépendamment de la protection aux vagues, au vent et de la qualité du fond. En effet, l’encre ne s’agrippe pas bien sur le fond de la roche ou d’algues. Ainsi les sites ne se valent pas tous.

Et vous allez pêcher ? Comment vous faites avec la nourriture ?

Je suppose que les gens s’imaginent que nous vivons en mer, presque sans toucher terre. Mais la vérité est qu’au cours les dernières vacances, le temps maximal sans aller dans un port (donc à terre) n’a pas dépassé les 5 jours. Ainsi, nous n’avons pas de problème pour remplir les gardes manger dans quelconque supermarché chaque fois que nous le pouvons. Évidemment, nous ne savons pas pêcher !

Vous pouvez cuisiner à bord ?

Bien sûr, le bateau a une cuisinière à gaz et un four. Nous pouvons aussi garder les aliments frais dans le réfrigérateur. Ainsi, cet été, nous n’avons pas manqué de gaspachos frais, de crêpes pour le déjeuner et jusqu’à une fondue au chocolat !

 

En résumé, vivre dans un bateau n’est pas si différent de vivre dans une caravane. Avec la différence que l’on doit toujours avoir un oeil sur la météo. Et qu’il faut planifier son chemin car on ne peut pas s’arrêter oú l’on veut.

J’espère qu’avec cela, j’aurais résolu la plupart de vos doutes. Mais si vous en avez encore, dites le nous et nous compléterons cette page.