¡A Tomar Viento!

Viaje a vela por el Mediterráneo

Traversée de la Sardaigne à la Sicile

Nous l’avons fait ! Nous avons traversé la mer Méditerranée, de la Sardaigne à la Sicile. Ou du moins, nous avons posé l’encre près d’une plage de l’île de Favignana. Il s’agit de la plus grande des îles Egadi, juste à l’Ouest des côtes Siciliennes.

N’ayant pas pris le risque d’avoir mon portable sur moi, je n’ai pas de photo de la travesée à vous partager. Je n’ai que mes mots pour vous décrire ce que nous avons vécu ces derniers jours.

Nous avions prévu de partir vendredi vers cinq heures du matin, ce que nous avons fait. Mais après deux heures de navigation, nous avons dû revenir près des côtes Sardes et poser l’encre de nouveau. En effet, les vagues venant du Sud rendait le voyage difficile voire dangereux, car elles nous frappaient de côté.

Nous avons donc patienté jusqu’à dix-huit heures, nous reposant et mangeant. C’est tout ce qu’il y a à faire dans ces cas-là !

Ci dessous, une vidéo du vent et des vagues se formant près de la plage où nous avons posé l’encre pour patienter.

 

Les premières heures du voyage ont été compliquées. Nous avons compris que le vent et les vagues ne nous lâcheraient pas. Comme les prévisions de Windy (site internet et application de prévisions en mer) nous l’avaient renseigné, les vagues nous frappaient de la poupe (derrière) et légèrement de côté, entre 2 et 3 mètres la plupart du temps. Nous avons navigué à 5 nœuds en moyenne (9 km/h), avec des pointes à 7 ou 8 nœuds (14 ou 17 km/h) lorsque les vagues nous portaient. Pour rappel, le maximum de Calma et 7 nœuds 😉. Le vent venait de tribord (droite) et de poupe.

Nous n’avons pas trop eu froid malgré les 30 heures passées en mer. Rapidement, nous avons perdu toute visibilité sur les côtes Sardes. La lune était pleine, ce qui tombait parfaitement bien. La malchance a fait que, la plupart du temps, des nuages sombres couvraient le ciel et cachaient cette magnifique source naturelle de lumière.
Lorsqu’elle est sortie quelques heures, j’ai admiré ses reflets argentés sur la mer qui semblait prendre une toute autre texture. Les vagues devenaient belles et j’ai eu l’impression de flotter sur une mer d’acier en fusion. Incroyable !

Vers minuit, un groupe de dauphins nous a suivi de près, jouant dans les vagues autour du bateau et dans celles que nous provoquions sur notre passage. Ils m’ont fait compagnie plus d’une heure, montrant le bout de leur nez et leur aileron par intermittence.

Durant la journée, le soleil nous a réchauffé quelques heures mais encore une fois, les épais nuages ont empêché ses rayons de nous toucher la plus grande partie du temps. Lorsqu’il s’est couché, là encore sous un amas brumeux, ses reflets ont illuminé les vagues qui nous propulsaient vers l’avant.

J’ai admiré la mer monter et redescendre, formant des vagues de toutes les formes, tailles et hauteurs différentes. Certaines étaient sombres, larges et hautes, comme un mur qui nous poursuivait et finalement se glissait sous la coque pour nous porter plus loin. D’autres étaient plus petites, étroites et bleu azur, ou plutôt esmeralda, grâce aux rayons de lumière qui les traversaient. Quelques vagues finissaient par se casser et remplir la mer d’une mousse blanche se répétant à l’infini. Un de mes meilleurs moments.

La deuxième nuit, la lune était complètement recouverte de ces nuages sombres. Nous avons passé quelques heures dans l’obscurité presque totale. Nous devions être prudents car les vagues venaient par surprise et nous ne pouvions les voir que lorsqu’elles étaient sur le point de nous toucher.
La mer était alors noire et le ciel légèrement éclairé par la lune hors de notre champ de vision. Quelques méduses sont passées juste à côté de nous, de leur couleur verte phosphoréssante.

Devant la roue du timon, je devais me concentrer sur la boussole éclairée devant moi ainsi que le GPS qui me rassurait sur notre position et la direction à suivre. Lorsque le phare de l’île de Favignana est apparu devant nous, j’ai enfin pu suivre un point à l’horizon. Sans quoi, je n’avais que le noir tout autour de moi.

Afin de tenir les 30 heures, nous sommes entrés à tour de rôle dans la cabine. Nous avions préparé le lit dans le salon et nous y allongions une ou deux heures pendant que l’autre maintenait la bonne direction.

Par malchance, la pilote automatique a de nouveau refusé de fonctionner, nous emmenant là où il voulait, c’est-à-dire dans une toute autre direction que la Sicile.
Nos estomacs n’ont pas particulièrement apprécié le voyage. Entre l’appréhensions face aux vagues et à la nuit, la fatigue et les mouvements incessant sous nos pieds, nous avons à peine touché à nos sandwiches préparés avant de partir. Autant dire qu’il aurait été impossible de cuisiner quoi que ce soit.

J’ai réussi à dormir à chaque fois que je m’allongeais au chaud. Mais Chema lui, a eu plus de soucis pour se reposer. Cependant, ces quelques heures de repos nous ont permis de retrouver la force nécessaire à prendre le relais de l’autre.

Nos corps, déshabitués à la navigation et à l’effort physique depuis ces deux derniers mois et demi à Cagliari, ont souffert de ces efforts soudains. Les courbatures dans les épaules, bras et dos sont vites apparues. Nous avons fait le sport que nous n’avions pas fait depuis longtemps !

Finalement, nous sommes arrivés près de l’île et c’est là que la Lune s’est décidée à montrer son nez, c’est bien la peine !

Vers minuit, nous avons posé l’encre entre un port et une plage. Après une douche et une soupe, nous avons dormi une nuit bien méritée par autant d’efforts.

 

Maintenant, il est temps de repartir à l’aventure. Au programme, visites, balades et plein de nouvelles jolies photos et histoires à vous partager !

Le printemps est à nos portes !!!

 

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  1. nadia

    Je ne te connaissais pas ce talent de poète, c’est vraiment magnifique tout ce que tu décris… le vent, la mer d’acier en fusion, ouia ! la couleur des vagues, la lune, les nuages, les rayons du soleil, les méduses et surtout, le plus extraordinaire, ces dauphins qui vous ont suivi pendant une heure ! (vos efforts sont bien récompensés) car 30 heures de navigation, faut le faire ! vous êtes vraiment très courageux !
    Par contre, sur la dernière photo, on a l’impression que vous êtes arrivés devant un village en ruines, c’est triste !!!
    Maintenant reposez-vous bien et profitez bien de vos prochaines visites, balades, prenez beaucoup de photos pour nous faire vivre d’autres aventures… tout en lisant ton reportage, j’avais le cœur qui battait plus vite, j’avais l’impression d’être avec toi sur le bateau surtout grace à la vidéo ! et des larmes aux yeux en lisant ton passage sur les dauphins, quelle aventure !
    Gros gros bisous et à bientôt
    Maman

    • Emilie

      Merci maman. Je ne me voyais pas non plus poète 😉
      Oui, c’est vrai que ce n’est pas les meilleurs moments de notre voyage. C’est dur et il faut en effet du courage pour effectuer des traversées comme celes-ci.
      Si j’avais pu, j’aurais filmé les vagues en pleine mer, c’est beaucoup plus impressionnant que celles près de la côte. Elles sont plus hautes que le bateau lui-même !
      J’en parlerai en détail dans mon prochain article, mais le vllage est très vivant. La partie visible sur la photo est pour les touristes je pense. Les volets sont fermés.
      Je te is à bientôt pourla suite de notre découvete de la Sicile.
      Gros bisous !
      Emilie

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